Inondations > 1er au 10 décembre 2003 - Inondations du Rhône
1er au 10 décembre 2003 - Inondations du Rhône
Le lundi 1er décembre, les régions méditerranéennes, le couloir rhodanien et l’est du Massif Central sont soumis à de fortes précipitations provoquant le
débordement de nombreux cours d’eau mais aussi des situations de saturation des réseaux d’évacuation dans de nombreuses agglomérations du large quart sud-est.
 |
Caractérisation de l’événement |
Une dépression centrée à proximité de la Bretagne occasionne une remontée d’air doux et humide de secteur sud, provoquant de très fortes pluies sur les régions méridionales.
De l’air saturé provenant de la méditerranée entre en contact avec l’air plus froid situé à la frontière Est du pays ce qui provoque, par ascendance, des pluies à caractère
orageux. Cette situation est aggravée par la stagnation d’un anticyclone pendant plusieurs jours sur le centre de l’Europe.
Cet événement est considéré comme exceptionnel par :
- sa durée; il se manifeste par des pluies denses sur une durée de 2 jours.
- son intensité; des cumuls pluviométriques élevés sont observés sur toute la zone concernée, dépassant les 300 mm en Ardèche et atteignant même jusqu'à 393 mm à la Souche.
- son étendue géographique; 24 départements sont concernés par l’alerte de vigilance orange de Météo France.
- la force exceptionnelle du vent en mer et sur les côtes méditerranéennes (148 Km/h à Port la Nouvelle).
Le réseau hydrographique se trouve saturé par ces cumuls pluviométriques, provoquant le débordement de nombreux cours d’eau.
Le Rhône, avec une hauteur de 8.26m à Avignon et un débit atteignant jusqu'à 13 000 m3 par seconde atteint son niveau centennal. Dans l’Aveyron, le Tarn et le Tarn-et-Garonne,
de nombreux cours d’eau sont également sortis de leur lit. Le Tarn à Montauban a atteint une côte équivalente à celle de la crue centennale de 1996 (9,40m) provoquant
l’évacuation d’un quartier entier de la ville.
Le débordement de ces nombreux cours d’eau est aggravé par le risque de rupture ou la rupture effective de digues, notamment à Arles où tout un quartier
du nord de la ville situé dans une cuvette naturelle se retrouve sous les eaux pendant plus d’une semaine.
A Montpellier, où l’Hérault et le Lez atteignent des niveaux exceptionnels, tout le quartier du Maurin est inondé à la suite de la rupture de la digue de la Mosson.
Cet évènement est accompagné de vents très forts, gênant l’écoulement des rivières. On relève 144Km/h à l’Ile du Levant et 133 Km/h au Cap Cépet.
 |
Dommages |
- 1486 communes déclarées en état de catastrophe naturelle.
- Plusieurs milliers d’habitations sinistrées sur une large zone allant du Tarn aux Alpes-Maritimes en remontant jusqu'à la Saône et Loire.
Dans l’Aveyron, on estime à 3000 le nombre de sinistres de particuliers.
- A Arles, une piscine de 40km² s’est formée, contenant 230 hectares de zone urbaine, 3000 habitations. La préfecture estime que 2000 à 3000 habitations sont inhabitables
pour plusieurs mois. Dans le pays d’Arles, environ 1 millier d’entreprises sont sinistrées : 60% dans le secteur des services, 20% dans le commerce, 17% dans l’industrie, 3%
dans le tourisme.
- Dommages aux professionnels : au moins 2000 entreprises sinistrées dans le sud-est. L’essentiel des dégâts se concentre dans le delta du Rhône (Bouches-du-Rhône,
Vaucluse et Gard). Au Nord d’Arles, 350 entreprises se trouvent sous 1 mètre d’eau, dont de nombreux concessionnaires automobiles. Dans l’Aveyron, plus de 400 professionnels
ou collectivités publiques ont fait une demande de reconnaissance de l’état de Catastrophe Naturelle.
- Nombreux axes de communication coupés : routes et autoroutes, trafic ferroviaire bloqué, aéroports hors services.
 |
Coût estimé pour le marché : 730 M€ (en euros 2007) |

Source CCR