Inondations > 13 décembre 1993 au 28 février 1994 - Inondations de la MEUSE et de l’OISE – Charleville-Mézières
13 décembre 1993 au 28 février 1994 - Inondations de la MEUSE et de l’OISE – Charleville-Mézières
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Caractérisation de l’événement |
Après un automne très maussade surviennent les mois de décembre 1993 et janvier 1994 au cours desquels une impressionnante série de perturbations très actives
(tant au niveau des précipitations que du vent) vont se succéder sur l’ensemble du pays en rapport avec une zone dépressionnaire bien installée sur les îles Britanniques.
Ainsi, du 29 novembre au 15 janvier (soit 48 jours), il pleut 44 jours. Les sols se sont donc rapidement trouvés saturés en eau, ce qui a accentué le ruissellement.
L’alimentation des cours d’eau a été d’autant plus importante que les pluies concernaient une grande partie du territoire.
Les mois de décembre 1993 et janvier 1994 sont donc particulièrement arrosés sur l’ensemble du pays à tel point que les cumuls mensuels relevés durant ces deux mois
dépassent partout les normales (273% de la normale des précipitations mensuelles en décembre dans l’Aisne ) et constituent dans de nombreux secteurs des records historiques.
Pour caractériser les crues de décembre 1993 et janvier 1994, il faut donc prendre en compte une période de temps longue.
La particularité de cet événement réside dans le fait qu’il est marqué par deux pics de crue consécutifs :
- En décembre 1993, du fait de l’excédant automnal de précipitations et de la succession de perturbations pluvieuses sur la moitié nord du pays,
les inondations concernent davantage les cours d’eau du quart Nord-Est du pays alors que le sud de la France doit faire face à une forte tempête.
- Du 3 au 6 janvier, une perturbation très active se retrouve bloquée sur la moitié Est du pays par une dorsale de hautes pressions située sur l’Europe centrale. Cette
perturbation, bien alimentée par un flux humide de secteur sud va stagner plus de 36 h sur le quart Est de la France. Lors de cet épisode pluvieux le sud du pays va connaître
des cumuls de précipitations à caractère pluvio-orageux plus intenses que le Nord (cumuls sur 24 h dépassant 200 mm dans la Drôme). Si cette nouvelle vague de précipitations
touche encore les régions du Nord-Est de la France différant ainsi la décrue, c’est surtout le Sud-Est qui connaît à son tour une série d’inondations.
Cet épisode a provoqué la crue de l’ensemble du réseau hydrographique des régions affectées, mais se sont les cours d’eau importants (Tarn, Aisne, Marne, cours inférieur du
Rhône, Durance, Ardèche, Meuse, Moselle, Meurthe, Yonne, Seine, Oise, Loire) qui ont causé les inondations les plus importantes et les plus durables. Ainsi, lors cet
événement le Rhône a-t-il connu des débits de crues cinquantenales sur son cours inférieur. D’une façon générale, les crues observées ont une récurrence comprise entre 20 et 50 ans.
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Dommages |
- 3059 communes (INSEE) déclarées en état de catastrophe naturelle.
- Plus de 5000 personnes évacuées.
- Réseau routier submergé à de nombreux endroits.
- Réseau routier et ouvrages d’art (ponts) endommagés (affaissements).
- Problèmes d’approvisionnement en eau potable.
- Inondations d’habitations, de locaux industriels (fonderies, papeteries, usine Roussel-Uclaf à Compiègne, Uniroyal à Clairoix…) et de commerces.
- Terrains emportés par érosion des berges et glissements de terrains.
- Réseaux électrique et téléphonique endommagés (plusieurs centaines de foyers privés d’électricité).
- Pertes d’exploitation commerciales et agricoles.

Source CCR