Inondations

(Dernières mises à jour juin 2008)

 

Fiches événement

 



 

UN RISQUE QUI SE trANSFORME ET S'AGGRAVE


Les inondations sont un risque naturel fréquent en France. 440 milliards de m3 d’eau tombent annuellement sur le territoire métropolitain et se déversent dans 275 000 km de cours d’eau. Avec des indemnisations cumulées depuis 1982 supérieures à 6 milliards d’euros, les inondations constituent, fin 2003, le premier poste de sinistres à charge du régime des catastrophes naturelles représentant 55 % du coût total assuré des indemnisations versées.

Par son régime climatique varié, son relief, sa géologie et son réseau hydrographique dense, le territoire métropolitain français est exposé à plusieurs types d’inondations :

 

 

LES INONDATIONS DE PLAINE


Elles concernent les grands bassins versants (Seine, Loire, Meuse, Saône…). Ces inondations ont pour origine des précipitations successives et soutenues, affectant de vastes superficies et entraînant des crues lentes mais généralisées du réseau hydrographique. Elles peuvent aussi résulter de la combinaison de plusieurs facteurs, précipitations importantes et fonte des neiges par exemple, et durer de quelques jours à plusieurs semaines dans les bassins à faible pente. Les inondations par remontée de nappe constituent un cas particulier des inondations de plaine. Elles se sont multipliées au cours des cinq dernières années.


 

 

LES INONDATIONS TORRENTIELLES


Elles concernent les petits bassins versants (cours d’eau de montagne, rivières méditerranéennes) et ont pour origine des précipitations intenses et localisées souvent liées à des phénomènes locaux (épisode pluvio-orageux de type cévenol, cyclone dans les DOM). La montée des eaux est alors rapide et brutale et ce, d’autant plus que le relief de la région est plus marqué. Ce type d’inondations a affecté particulièrement le Sud-Est de la France, tant en septembre 2002 (Gard et départements limitrophes) qu’en décembre 2003 (large zone allant du Tarn aux Alpes-Maritimes en remontant jusqu’à la Saône et Loire, soit un total de 24 départements), occasionnant dans les deux cas les inondations les plus coûteuses qu’ait eu à supporter à ce jour le régime issu de la loi de 1982.

Il avait également été à l’origine des inondations catastrophiques et meurtrières de Nîmes (1988) et de Vaison-La- Romaine (1992).
Ce type d’inondations n’apparaît pratiquement pas cartographiable du fait de ses caractéristiques et rend ainsi difficile l’élaboration de Plans de Prévention des Risques (PPR) dans les communes exposées au risque. Le cas de la commune d’Alès dans le Gard est à cet égard significatif : en effet, le contour des zones inondables ne fait apparaître qu’une zone de débordement du Gardon alors que l’ensemble de la ville est parcouru par des petits cours d’eau intermittents et affluents du Gardon, qui, lors d’épisodes pluvieux intenses, deviennent de véritables torrents, et sont à l’origine de la majorité des dégâts.

 

 

LES INONDATIONS PAR RUISSELLEMENT


Elles affectent plus particulièrement les espaces urbains et sont liées à des précipitations orageuses violentes qui saturent les réseaux d’évacuation des eaux pluviales et ruissellent en grosses quantités sur les sols imperméabilisés des agglomérations comme cela a été le cas des inondations consécutives à l’orage qui s’était abattu sur la ville de Marseille le 19 septembre 2000. Elles peuvent également affecter les milieux urbains bâtis dans des sites en cuvette (Nîmes, Rouen…).

 

 

LES INONDATIONS LITTORALES


Elles correspondent à des submersions de zones côtières dues à l’élévation du niveau de la mer lors des tempêtes.
Cette typologie est simplificatrice puisque, tout au long de son cours, un fleuve ou une rivière peuvent être affectés par des crues de types différents. Ainsi, dans son cours supérieur, le Rhône peut connaître des inondations de plaine alors que sa partie sud est davantage sujette aux inondations torrentielles.

La combinaison de ces deux types de crues peut donner lieu à des situations dramatiques comme en 1995. Pour les inondations de l’Aude en novembre 1999, comme pour les inondations de décembre 2003 qui ont affecté un large quart Sud-Est de la France, ce fut l’inverse : la partie amont a subi des inondations torrentielles alors que la partie aval a connu une inondation de plaine.

 

 

CARTE DES ZONES INONDABLES EN FRANCE


Carte des zones inondables de France

Source MEEDDM

 

 

PRINCIPALES INONDATIONS SURVENUES EN FRANCE MEtrOPOLITAINE DEPUIS 1982 ET LEUR COÛT ASSURE


L’urbanisation des zones inondables s’est largement développée au cours des trente dernières années, entraînant une forte augmentation de la valeur des biens exposés. En France, les inondations de plaine et les inondations torrentielles concernent un peu moins de 10 000 communes dont 300 sont des agglomérations importantes. On évalue les surfaces fréquemment inondables (hors ruissellement urbain) à 4 % du territoire.
Depuis 1982, près de 14 000 communes (soit plus d’un tiers des communes françaises) ont été reconnues sinistrées pour le péril inondation à plus de trois reprises, illustrant ainsi la nécessité de maîtriser l’urbanisation dans les zones fréquemment inondables.

Alors que les inondations de plaine ont longtemps constitué le phénomène prédominant en France, les inondations d’origine torrentielle occupent aujourd’hui la première place : elles constituent en effet 47 % du coût total assuré des inondations en France métropolitaine de 1982 à 2003 contre 44 % pour les inondations de plaine.
Cette importance nouvelle du phénomène torrentiel s’explique par la succession, au cours de la période 1999-2003, d’événements d’intensités plus fortes que celles dont on gardait la mémoire, et qui ont affecté l’Aude en novembre 1999, le Gard en septembre 2002 et dernièrement le Rhône en décembre 2003.

 



À cet égard, les pluies et les inondations torrentielles survenues dans le Gard en septembre 2002 représentaient l’événement “inondation” le plus coûteux jamais pris en charge par le régime des catastrophes naturelles depuis sa création (avec un montant de l’ordre de 670 M€) jusqu’aux inondations survenues dans le quart Sud-Est de la France (environ 738M€). Auparavant, le coût le plus élevé supporté par le régime s’établissait à un peu moins de 400 M€ et correspondait à une inondation de plaine, en l’occurrence celle survenue en janvier-février 1995 dans l’Oise, la Meuse et les Ardennes.
Les experts s’accordent à dire qu’en liaison avec l’augmentation du taux de gaz carbonique, l’atmosphère terrestre se réchauffe et le système de circulation de l’eau dans la biosphère se dérègle. On peut voir dans ces inondations torrentielles, d’une violence inconnue jusque là, une première manifestation de ce dérèglement.

Pour importante qu’elle soit, la charge correspondant à ce nouveau type d’inondations demeure sans commune mesure avec le coût potentiel d’une inondation de plaine susceptible de survenir dans la vallée de la Seine ou la Loire qui, toutes deux, recèlent des expositions importantes aux risques. Elles sont telles que les études d’actualisation effectuées à partir de l’inondation de 1856 pour la Loire et de celle de 1910 pour la Seine arrivent à des coûts de dommages pour le régime issu de la loi de 1982 (hors dommages aux services publics) se situant entre 5 et 10 M€. Il s’agit de sinistres potentiels qui ne sont pas survenus au cours des vingt années écoulées depuis la mise en place du régime en 1982.

LES PRINCIPALES INONDATIONS SURVENUES EN FRANCE MEtrOPOLITAINE DE 1982 A 2003

Exercice de survenance Type d’inondations Mois et lieu de survenance Indemnisations 
(en Millions d’€)
1988 Torrentielle / Ruissellement Octobre
Nîmes
290
1992 Torrentielle (Ouvèze) Septembre
Vaison-la-Romaine
245
1993 Plaine
(Rhône, Gard, Isère)
Septembre / Octobre
Moitié Sud de la France
305
1993-1994 Plaine
(Meuse, Aisne, Oise, Gironde, Charente, Rhône)
Décembre / Janvier
France entière
260
1994 Plaine / Torrentielle (Hérault, Gard) Novembre
Sud et Sud-Est de la France
120
1995 Plaine (Oise, Seine, Meuse) Janvier / Février
Oise, Meuse, Ardennes
395
1999 Plaine / Torrentielle (Aude) Novembre
Aude, Hérault, Pyrénées-Orientales, Tarn
240
1999 Littorale / Ruissellement Décembre
Charente-Maritime, Seine Maritime,
Pas-de-Calais, Gironde
230(1)
2001 Plaine/ Remontée de nappe Mars-Avril-Mai
Vallée de la Somme
entre Amiens et Abbeville
70
2002 Torrentielle Septembre
Cévennes et Département du Gard
670
2003 Plaine / Torrentielle Décembre
Large quart sud est : 24 départements touchés sur une zone allant du Tarn aux Alpes-Maritimes en remontant jusqu’à la Saône et Loire
738
TOTAL   3.563


(1) Le coût figurant dans ce tableau ne concerne que les inondations provoquées par le passage des tempêtes Lothar et Martin.
Source CCR

 

LE COÛT ASSURE DES INONDATIONS EN MEtrOPOLE (MILLIONS €)


Le coût assuré des inondations en métropole

Source CCR