Séismes

(En cours de mise à jour)

 

Une exposition au risque limitée et localisée, mais un coût potentiellement élevé


Les séismes les plus importants ont lieu aux abords des limites des plaques tectoniques. La France métropolitaine est relativement éloignée de ces zones, si bien que la sismicité de son territoire métropolitain est modérée par rapport à celle de pays qui en sont plus proches comme l’Italie, la Grèce et la Turquie. Néanmoins le territoire métropolitain français ne peut pas être considéré comme exempt de risque sismique.

Le fichier français de sismicité historique SisFrance recense aujourd’hui près de 6 000 tremblements de terre survenus au cours des dix derniers siècles.

On compte 20 séismes d’intensité épicentrale supérieure ou égale à VIII-IX sur l’échelle MSK(1), soit en moyenne 2 événements destructeurs par siècle (de magnitude supérieure à 6 sur l’échelle de Richter(2)). En outre, trois autres séismes frontaliers ont eu des effets destructeurs sur le territoire français (séisme de Bâle en 1356, séisme Catalan en 1428, séisme Ligure en 1887).

Selon la sismicité de ces trente dernières années, quatre séismes de magnitude supérieure à 4 se produisent en moyenne par an. Sur la même période de temps, dix séismes de magnitude supérieure à 5 sont survenus sur la France métropolitaine. Le séisme d’Annecy, de magnitude 5,3, en juillet 1996 a donné lieu à 12 000 déclarations de sinistres, et son coût assuré est évalué à 60 M€.

La carte de la sismicité historique qui reprend tous les tremblements de terre que l’on a pu recenser depuis mille ans, fait ressortir les régions exposées.

Il s’agit :



La très faible activité des autres régions de France n’exclut pas qu’elles puissent connaître des séismes, même si leur probabilité de survenance est très faible.
Par exemple, le Nord-Est de la France a connu en février 2003 et en février 2004, des séismes respectivement de 5,4 et 5,1 degrés sur l’échelle de Richter. Ces deux événements n’ont pas provoqué de dégâts importants (uniquement des murs fissurés et des chutes de cheminées) mais ils rappellent aux habitants des zones sismiques métropolitaines que le danger reste bel et bien présent.

(1) L’échelle MSK classe les séismes en fonction de leur intensité et de leurs effets à un endroit donné (analyse des réactions humaines et des objets, dégâts aux bâtiments…). Elle distingue douze degrés d’intensité croissante, notés en chiffres romains de I (secousse non ressentie mais enregistrée par les instruments) à XII (changements de paysage, énormes crevasses dans le sol, vallées barrées, rivières déplacées…).

(2) L’échelle de Richter mesure la magnitude c’est-à-dire la taille d’un séisme. Elle est calculée à partir de l’enregistrement des amplitudes maximales des ondes sismiques en une ou plusieurs stations d’observation. La magnitude est une mesure physique continue qui n’est pas, comme l’intensité, une échelle de valeurs avec des limites inférieure ou supérieure.

 

 

Risques sismiques sur le territoire métropolitain


Risques sismiques sur le territoire métropolitain

Source MEEDDM



 

Sismicité historique


Sismicité historique

Source IRSN

 



Si elle connaît plutôt de faibles secousses sismiques se produisant plus ou moins régulièrement, la France métropolitaine n’en a pas moins été par le passé le théâtre d’événements sismiques de plus grande ampleur. Le dernier grand séisme français est celui qui est survenu sur la commune de Lambesc, dans les Bouches-du-Rhône, le 11 juin 1909. Outre des destructions importantes, le bilan a été de 49 morts et 250 blessés. Une étude (1) montre qu’aujourd’hui, du fait de l’urbanisation de cette région, ce séisme occasionnerait entre 500 et 1 000 morts et des dommages matériels de l’ordre de 700 M€.

La région niçoise a également connu par le passé plusieurs séismes d’intensité IX ou X; le département des Alpes-Maritimes est considéré comme la zone métropolitaine la plus menacée par un séisme violent.

Un programme d’études (2) a évalué les conséquences qu’aurait aujourd’hui, dans la ville de Nice et ses environs, un séisme identique au tremblement de terre d’intensité VII - VIII survenu en 1887 au large des côtes de Ligurie et connu sous le nom de “Tremblement de terre Ligure“. Il en ressort qu’il pourrait y avoir de 50 à 600 morts, 950 à 4 300 blessés dont 10 à 200 graves et 10 000 à 40 000 sans-abris. Les pertes économiques directes pourraient atteindre 3,4 Md€.

Même si la survenance d’un fort séisme en métropole est susceptible de provoquer une catastrophe sans précédent, le risque sismique y est finalement faible et diffus.


(1) Étude menée sous la direction du Ministère de l’Écologie et du Développement Durable en 1982.
(2) Il s’agit du programme GEMGEP, finalisé en 2005, auquel le Ministère de l’Écologie et du Développement Durable, le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées et la Communauté d’Agglomération Nice Côte d’Azur ont participé.

 

 

Risques sismiques dans les Antilles françaises


La situation est différente aux Antilles, notamment en Martinique et en Guadeloupe. En effet, ces îles nées de la subduction de la plaque nord-américaine sous la plaque Caraïbes, sont le siège d’une activité sismique régulière. Onze séismes d’intensité supérieure ou égale à VII y ont été ressentis dans le passé, certains atteignant l’intensité IX-X (cas de la Guadeloupe en 1843 avec 3 000 morts). L’absence de séisme destructeur depuis plusieurs dizaines d’années a presque effacé des mémoires de telles catastrophes. Mais ce silence sismique ne signifie pas que le risque a disparu comme le rappellent les séismes récents survenus au Sud de la Guadeloupe et au Nord de la Martinique respectivement en 2004 et 2007.